dimanche 30 mars 2014

L'Artisanat en France




Le téléphone sonne de France Inter

Émission du mercredi 19 mars 2014: La Semaine nationale de l'artisanat
 
Pierre Weill: En ce moment c'est la semaine nationale de l'artisanat organisé par les chambres de métiers et de l'artisanat. C'est l'occasion de l'intéresser à se secteur. 1,69 million d'entreprises; l'artisanat emploi 3 million d'actif, 42% dans le bâtiment, 30% dans les services; 15% dans la production, et 13% dans l'alimentation. Seulement voilà, il y a des questions qui vont nous occuper ce soir: comment expliquer qu'en France il y a des millions de demandeur d'emploi, des jeunes dont le taux de chômage avoisine 25% et ce secteur de l'artisanat qui a du mal a recruter dans des centaines de métiers qualifiés. Faut-il parler de dépréciation des métiers manuels? Ils n'auraient pas leur faveur des jeunes et de leur parents. Et puis le système scolaire, est-ce qu'il favorise suffisamment les métiers de l'artisanat? Comment rejoindre cette filière? Sur tous ces sujets, n'hésitez pas. Appeler nous ou envoyer nous des courriels. Deux spécialistes pour vous répondre ce soir:



A Cannes, Jean Jacques veut intervenir.

Jean Jacques: bonsoir, merci pour vos émissions. Je veux porter un témoignage. Donc voilà, j'ai une petite entreprise, je suis tout seul, et je suis réticent par rapport à l'embauche simplement par le fait du droit du travail qui nous donne le sentiment d'être pied et poings liée avec les employés que l'ont embauche. Sur un second plan, c'est les charges.

Pierre Weill: Donnez moi des exemples quand vous parlez du droit du travail.

Jean Jacques: Lorsqu'on embauche quelqu'un en CDI, voilà … moi j'ai une conscience professionnelle, et si on fait les choses de manière réglementaire, c'est très compliqué de ce séparer d'une personne. Et comme il peut y avoir une variabilité par rapport au travail, c'est compliqué. Je pense que nous petites entreprises on devrait être libéré de ce carcan administratif.

Pierre Weill: Vous évoquiez aussi les charges?

Jean Jacques: Oui, je pense qu'on devrait pas être assujetti aux charges comme une grosse entreprise de 100-150 salariés. Moi je parle vraiment des très très petites entreprises. Des entreprises qui sont 1, 2, voir 3… bon après il faut pas dire n'importe quoi non plus, mais voilà, je trouve que je suis pas le seul à penser ça. Si jamais j'étais libéré de tout ça, j'embaucherai du jour au lendemain.

Pierre Weill: Merci. Nous avons reçu de très nombreux courriels sur ces points. Il y a d'ailleurs une campagne de manifestation de ces artisans: "nous refusons d'être sacrifiés", c'est votre grand slogan.

Patrick Liebus: Tout à fait. Les artisans refuse d'être sacrifié parce que ce sont des entreprises qui prennent des responsabilités, qui apportent beaucoup à l'économie française, et on nous complique beaucoup la vie par rapport à la législation et au droit du travail, et aussi par les charges extrêmement importantes. C'est pour ça qu'il y a un mouvement qui a été lancé: "les sacrifiés 2" qui rappelle qui nous sommes et ce que nous demandons: c’est-à-dire une baise des charges directes aux entreprises et au chefs d'entreprises indépendants, et aussi pour les salariés. Je rappelle qu'on discute en ce moment le pacte de responsabilité souhaité par le gouvernement.

Pierre Weill: Alors justement, on a des courriels d'auditeurs qui nous posent des questions: vous artisans, êtes vous concerné par ce pacte de responsabilité?

Pierre Martin: On est concerné au premier chef, puisque depuis des années, nous demandons qu'on revoit le cout du travail dans ce pays de manière plus général et en particulier pour les entreprises que nous représentons. C'est d'ailleurs Patrick Liebus qui nous représente. Et la demande est de baiser le cout du travail aussi bien pour les artisans qui emploient des collaborateurs que pour ceux qui travaillent seul. C'est des pistes qui évoluent aujourd'hui plutôt favorablement, mais c'est important parce que nous avons des besoins d'emploi, de recrutement et que nous ne pouvons pas satisfaire parce que nous avons d'un part le droit du travail qui est assez bloquant et en fonction des aléas de la vie des entreprises nous n'avons pas beaucoup de possibilités pour adapter les équipes et aussi ces charges qui sont très importantes.

Pierre Weill: des courriels de protestations, on en a reçu, Josselin nous écrit: " Les artisans sont les vaches à lait de l'état, le cout des charges est colossale et met souvent en cause une cessation d'activité, je préfère à ce jour refuser des commandes que d'embaucher." Et Marie: "L'artisanat, première entreprise de France, l'artisanat, premier contribuable de France, nous sommes écrasé sous les charges diverses et variés." Patrick Liebus, alors quand vous dites ça à la ministre en charge de l'artisanat, Silvia Pinelle?

Patrick Liebus: Alors quand on s'adresse à Silvia Pinelle, on lui demande de nous simplifier la création d'entreprises et l'accompagnement des entreprises; Et quand on s'adresse au cabinet du premier ministre ou du président de la république, on leur dit, prenez des mesures rapide pour baiser les charges. Parce que le passage de l'emploi, que ce soit moi ou mon collègue, on l'a eu, on a démarré seul et on a passé le cap d'embaucher des salariés. On avait déjà à l'époque des contraintes qui ne sont pas amélioré, bien au contraire, ca a été bien au delà. Ce que l'on dit en ce moment au président: vous avez un problème à gérer: le chômage est très élevé, quelle est la solution? C'est de se tourner vers les petites entreprises, leur baiser les charges, leur facilités l'embauche, leur facilité aussi la séparation des salariés lorsque nécessaire, qui protège bien entendu le salarié et le chef d'entreprise. Mais la baisse des charges est importante. Comment peut-on continuer de charger autant des entreprises qui osent prendre ces risques permanents. Vos auditeurs l'ont dit, on prend des risques. Mais tous ceux qui créent les lois, est-ce qu'ils prennent conscience de ce que nous somme réellement, nous ne sommes pas sur. C'est pour ça qu'on porte haut la voix du secteur de l'artisanat, et il faut qu'on sache que le retour par l'emploi ça passera par nos entreprises.

[…] 8:00

Ecoutez le reste de l'émission: La Semaine nationale de l'artisanat

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